mardi 28 avril 2015

De l'île Sempu au volcan Bromo (2)





C'était prévisible, Mohammad arrive à une heure et demie du matin, au lieu de minuit. Mais bon, il a décidé de prendre le volant, et je dois dire que c'est bien reposant de se faire conduire. Nous traversons un night market, Yuni m'explique que les commerçant ne travaillent qu'entre une heure et cinq heures du matin - de ce fait, les prix sont particulièrement bas, précise-t-elle. Évidemment, à trois heures du matin, les chalands ne doivent pas se bousculer...

Mais nous roulons, roulons sans nous arrêter, la voiture monte et nous emporte vers des endroits déserts. Arrivé dans un petit village, je me réveille péniblement. Toujours la nuit, peut-être quatre heures du matin. On ne peut pas aller plus loin. Autrefois, on pouvait, mais trop de problèmes avec des voitures en panne à mi-pente, radiateur explosé. On peut encore circuler à moto - les "matik" sont déconseillées, il vaut mieux des motos avec des vitesses. Sinon, il faut louer un 4x4 avec chauffeur, qui va nous emmener sur les sites.

Dans la petite échoppe, pas une affiche en anglais, tout en indonésien. A l'extérieur, un abri, avec deux banquettes dures et des couvertures, et un brasero. Il fait un froid de gueux. Je m'allonge tout près du feu et  j'essaye de grappiller quelques minutes de sommeil. Yuni discute les prix, sans grand résultat. A défaut d'avoir une réduction sur le 4x4, le chauffeur va nous donner les ficelles pour me faire passer pour indonésien à la faveur de la nuit auprès des gardiens du parc.

En effet, il y a une tradition assez peu sympathique en Indonésie. Pour les bulés[1] le ticket d'entrée aux musées, parcs et bâtiments publics proposés à la visite est jusqu'à cinq fois supérieurs à celui des locaux. Les optimistes diront qu'il est logique de faire payer plus cher ceux qui ne payent pas d'impôts ici, les contribuables ordinaires participant par défaut à l'entretien des lieux. Les pessimistes, qu'il s'agit d'une déplaisante discrimination faite par le gouvernement, qui a en outre l'inconvénient de faire passer - du sommet de l’État - un inquiétant message : pour les étrangers, les prix peuvent être gonflés à mort.

Nous embarquons. Le 4x4 Toyota - tout d'une jeep - commence une longue ascension. A mi-chemin, le chauffeur nous déplace. Je dois me mettre le dos au poste, sur le côté, juste derrière le siège, et éviter de lever la tête lors de l'arrêt pour l'achat des billets. Yuni en revanche est assise sur le siège avant, bien en vue. La mystification se déroule comme prévu, nous passons le poste sans anicroche.

Nous arrivons au sommet. La rue est encombrée d'une invraisemblable quantité de 4x4 tous identiques au nôtre, à part la couleur et l'âge, sans doute plus d'une centaine. Étonnant. Un escalier nous amène à une esplanade où la foule attend dans la nuit. Tout le monde se mitraille la binette avec son portable, parfois à l'aide d'un manche télescopique. Il y a quelques appareils plus gros, montés sur pied, mais qui ne peuvent reposer par terre étant donné l'affluence.

Curieux comme le monde passe son temps à se photographier. Comme si une fonction importante, naturelle, quasi vitale n'avait pu s'exercer avant l'invention des cellphones, et trouvait enfin son exutoire. Pourquoi cette incroyable soif de selfies ? Est-ce que les gens les conservent ? Est-ce qu'ils les regardent ? Les déposent sur Facebook ? Ou bien est-ce que la partie la plus importante est le moment où la photo est prise ? Le témoignage rassurant qu'on existe, qu'on est bien là, éventuellement avec des amis ? Manifestement, ça fait agréablement grésiller un circuit dans leur tête, mais je n'arrive pas à comprendre lequel. Et chez moi, rien ne grésille.

Ici, en Indonésie, le selfie est enrichi de pratiques complémentaires spécifiques. Outre deux doigts en l'air - c'est le vieux signe hippie "peace, brother", parfois des deux mains - il y a des grimaces rituelles pour les filles : la bouche exagérément boudeuse, ou d'autres encore que je ne peux décrire. Ces grimaces ne les embellissent pas vraiment, au contraire, mais elles les mettent sans complexe sur des sites de rencontre. Pour avoir l'air cool.

Sur l'esplanade, on voit poindre la lumière à l'horizon. Très vite elle devient intense. Rien ne peut être pris en photo que cette lumière éblouissante qui fait disparaître tous les autres plans. Autant dire photo impossible. Mais les flashes crépitent, comme s'ils pouvaient éclairer la montagne noire, à cinq kilomètres. Rien de bien magique, rien d'étonnant sinon la crédulité de cette foule, moi compris, qui pensait assister à un spectacle intéressant. Le lever du soleil de ma chambre d'hôtel, en ville, avec les toits, et la montagne en arrière-plan, est sans aucun doute bien plus photogénique.

La foule se disperse, les 4x4 redémarrent, tandis que nous nous attardons sur la place enfin libérée et que la lumière commence à inonder la montagne. Et puis à notre tour, nous partons vers le volcan. Belle route, belles perspectives. Charme de ces zones lunaires, grises, de ces masses de boue pétrifiées. A sept cent mètres du sentier, les 4x4 sont tous là, alignés, avec les chauffeurs qui plaisantent ou se nourrissent en attendant le retour des clients. Autour d'eux, des petits chevaux arabes qu'on propose au touriste pour l'emmener à l'esplanade. L'escalier qui monte au sommet du volcan me permet une petite remise en jambe. Au bord du cratère, pas de barrière pour retenir le randonneur imprudent. Vertigo. J'aimerais savoir où atterrirait un corps jeté de ces hauteurs. Le fond est masqué par la raideur de la pente. Mais y a-t-il un fond ? Laves rouges, jets bouillants, boues sulfureuses dégageant des vapeurs étouffantes, voire diablotins noirs aux visages cyniques, on peut tout imaginer...

Sur le chemin du retour, je dois encore faire profil bas lors du passage devant le poste. En bas, Yuni a la surprise désagréable de se voir réclamer un supplément par le chauffeur, au motif qu'il nous a fait obtenir une réduction. Je ne serais pas étonné qu'il y ait entente avec les gardes.

Mohammad reprend le volant. Yuni nous fait faire un crochet. Nous remontons vers le nord, en direction de Surabaya. Là, nous nous arrêtons dans un endroit étonnant. Une plaine de boue s'étend de la route à l'horizon. Sur cette plaine, pas loin de la route, des mannequins sont enfoncés dans la terre jusqu'à la taille, tous gris comme la boue dont ils sortent, tous le même visage triste et neutre, tous la même position des mains, paumes vers le ciel, comme des suppliants. Ils ont été affublés d'objets divers, un vieux casque sur une tête, ou bien une bassine de traviole, le cadre d'un poste de télé antédiluvien sur les bras, ou une marmite ou une bouteille. Pathétiques, moitié enterrés, ils ont été placé là en souvenir d'une coulée de boue brûlante[2] qui a enseveli tout un village, d'un seul coup. Et les objets rappellent qu'ils ont été surpris par la mort dans l'accomplissement de leurs tâches quotidiennes.



[1] les étrangers
[2] en indonésien, lumpur panas ; à noter que Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, veut dire estuaire boueux

De l'île Sempu au volcan Bromo (1)







Mohammad me demande de lui téléphoner à 5h30 du matin, ce que je fais consciencieusement, mais arrive avec une heure de retard au rendez-vous fixé à six heures. Il semble que ce soit une habitude chez lui. J'ai loué une voiture, et ce sera plus confortable pour couvrir la route qui mène à l'embarcadère pour l'île Sempu. Il paraît que là-bas, l'eau est transparente et qu'on peut y faire de la chasse sous-marine. Mon matériel est dans le coffre de la voiture.

Mohammad semble aimer conduire. Il ne lâchera pas le volant de la journée - ni de la nuit, car j'ai proposé de faire d'une pierre deux coups, puisque nous avions la voiture, et de partir la nuit pour le volcan.

Une fois sorti de la ville, on file dans une campagne très agréable. Filer est un bien grand mot, car si on roule à soixante kilomètres heure, c'est déjà bien. La montagne se montre plus présente, avec des décors magnifiques. Une ou deux fois, il y a un barrage moitié ouvert qui ralentit le passage, et des hommes avec des boîtes pour recevoir de l'argent. Pourquoi ? Mendicité organisée sur le bord de la route ? Je n'arrive pas à obtenir d'autres explications.

En route, nous parlons de choses et d'autres. Yuni professe un point de vue sans doute largement représenté en Indonésie et en Thaïlande : si on compare les japonais et les coréens, la palme revient aux coréens. Certes les japonais sont travailleurs et industrieux. Mais les coréens, eux, ont du style. Et c'est chez eux qu'il y a les meilleurs chirurgiens esthétiques. Une fois de plus, je m'étonne de cette image très positive qu'a su donner la Corée d'elle-même. En Europe, nous nous croyons le centre du monde et les rois du style. Mais ce n'est pas ce que pensent les gens en Asie du sud-est. Ils ont leur propre centre du monde, et ce n'est pas Londres ni Paris.

Yuni dit qu'il vaut mieux aller en voiture qu'à moto dans les villages reculés. Il y aurait des malandrins qui feraient des barrages et vous voleraient votre moto, coupe-coupe aiguisé sous la gorge du voyageur. Est-ce une légende urbaine, en l'occurrence rurale ? Yuni m'assure que non : une de ses amies aurait été traumatisée (et légèrement blessée à la gorge par le kriss) lors d'une rencontre de ce genre. "Il faut être à trois motos minimum pour ne pas avoir de problème", conclut-elle. Le site de l'ambassade confirme l'existence de ce danger.

Enfin nous arrivons à la mer. Éblouissement. Un vague regroupement de bâtiments utilitaires qui semblent là depuis trop longtemps. Quelques groupes d'hommes qui fument, qui tirent des filins, qui plaisantent et parlent fort. Des tas de corde, hauts comme un homme. Une moto qui a été sciée au milieu du siège - à part la roue, bien sûr. L'embarcadère se trouve au milieu des bateaux de pêche, très nombreux. L'un d'entre eux revient juste d'une sortie. On en sort une demie douzaine de thons qui doivent bien peser soixante ou quatre-vingt kilos et on les allonge sur le sol de la halle aux poissons, juste en face. Ils sont jolis, avec leur petite dentelure jaune vif sur le dos. On achète des petits thons pour le pique-nique. Je crois louer un bateau, mais je n'obtiens qu'un passage pour l'île, où l'on nous déposera sur une plage minuscule, et reviendra nous chercher. Yuni, qui négocie avec les pêcheurs, ne peut faire mieux.

 Nous embarquons dans un bateau en bois long de six mètres, équipé de nombreux sièges et bien pourri. Sur le roof, deux bouées antiques en tout et pour tout. Mais l'île Sempu n'est qu'à quelques centaines de mètres de la terre, et j'aurais pu y aller à la nage. Arrivé sur place, je m'équipe et fais une partie de chasse d'une heure. Un peu décevante. L'eau n'est pas claire. J'avais proposé qu'on me dépose dans des endroits plus lointains - il y a d'autres îles, des côtes plus éloignées - mais je me suis fait opposer une fin de non-recevoir. Je trouve quand même quelques cailloux à cinq mètres, et je finis par tirer un poisson d'une taille honorable, reconnu pour la finesse de sa chair. Un seul coup tiré, qui a fait mouche - je suis content.

Pendant ce temps, Yuni a allumé un barbecue, et fait griller les thons. Dommage qu'elle ait enduit ces poissons d'une sauce au goût trop fort, ils auraient été délicieux. Quand nous rentrons, une pluie tropicale s'abat sur la voiture, noyant le paysage de gris. Décor dramatique, splendide, avec cette végétation tropicale qui ruisselle. Il fait nuit quand nous arrivons à Malang. Nous nous séparons après avoir convenu de nous retrouver à minuit à mon hôtel pour aller à Bromo, là où se trouve le volcan. Il paraît qu'il vaut mieux partir de nuit pour arriver au petit matin et voir le lever du soleil dans la montagne. Je m'imagine à tort que je vais voir flamboyer des coulées de lave rouge et brûlante.

Aérophagie





A la réception de mon hôtel, le jeune homme derrière le bureau rote. Il rote, rote, et rote encore. Je le sais parce que le wifi n'est pas assez puissant dans les chambres. Quel est le rapport ? Il faut être dans le lobby pour avoir un débit correct et j'y fais donc des stations prolongées... Le réceptionniste n'y rote pas avec ostentation. Mais il ne fait rien pour dissimuler ses éructations. Et rote régulièrement. Est-ce bien normal ?

Dans un pays étranger, on se raccroche aux formes visibles de la sociabilité quand la langue vous échappe. La politesse occupe donc une place importante dans nos observations. Mais elle a malheureusement plusieurs définitions, ce qui n'en fait pas un instrument de mesure très performant.

Selon certains, seule compte la politesse du cœur, c'est-à-dire que la forme ne compte pas, l'essentiel est un respect de l'autre qui transparaît dans le comportement. Cette définition bien qu'intéressante me semble trop idéaliste et n'englobe pas l'essentiel des sens communément attribués à ce mot.

Pour d'autres, la politesse est une manière de se conduire qui - en résumé - vous permet de ne pas être confondu avec un rustre. En réalité, si on regarde bien, c'est un élément de reconnaissance sociale : tel tu te tiens à table, telle est la classe dont tu es issu. Le paradoxe est que parfois, ces usages, enseignés par les parents pour que leurs enfants se distinguent des ruffians et ne fassent pas tache dans la bonne société, vont justement les marquer et les désigner comme des gens "communs", des gens qui font "peuple" aux yeux d'autres qui se pensent moins communs et moins peuple : les parents ont parfois tout faux. Ainsi, la manière de souhaiter un bon appétit, ou de faire suivre un remerciement d'un "de rien" systématique peuvent renvoyer à des professions considérées comme subalternes, comme celles de serveur de restaurant ou commerçant en boutique : est-ce vraiment une promotion sociale ?

Il semble que la politesse, à l'origine, ait été un code destiné à éviter les situations embarrassantes. Quand on doit passer une porte, il faut bien déterminer qui doit passer en premier, sinon, si les deux passent en même temps, ils vont rester coincés. Quand on doit offrir des vœux, s'adresser à quelqu'un, il est utile qu'une règle permette d'organiser les choses, afin qu'il n'y ait pas d'embarras. Secondairement se sont greffées des pratiques de classe, qui à la fois sont utiles dans le sens où elle permettent de savoir très vite à qui on a à faire, à la fois sont source de préjugés, et à ce titre dangereuses.

Il est bien sûr impossible de juger d'un peuple étranger. La position de voyageur expose à n'être en contact qu'avec une frange de la population. Et son commentaire sera forcément ethnocentriste. Malgré tout, on peut avoir des impressions. Les nord-américains, et particulièrement les canadiens anglais me paraissent très urbains. Ainsi que les indonésiens, dans un autre style. Ils battent les thaï sur ce terrain. Dans leur pays, les russes semblent peu courtois. C'est pire quand ils sont à l'étranger - outre qu'ils sont horriblement exigeants. Détail piquant, j'en ai entendu se plaindre de l'excès de civilité des français.

Quant au rototo de mon réceptionniste, si je peux l'entendre, c'est qu'il règne un relatif silence dans le lobby. Je ne me plains pas. Il pourrait faire pire.

lundi 27 avril 2015

Bain chaud dans la montagne (Malang)





Nous sommes partis à deux motos vers une montagne nommée, je crois, Ajurna. Au programme, passage dans un très beau parc, et visite d'une chute d'eau, avant d'arriver à des sources chaudes dans la montagne.

La première étape nous amène à Kota Batu, dans un parc d'attractions pour touristes, totalement inintéressant, avec une piscine sans lignes d'eau (!), des aquariums, et des parterres de fleurs. Beaucoup de monde. Il paraît que c'est joli. Mes nouveaux amis s'étonnent de ce que je ne sorte pas mon appareil photo et ne mitraille pas tout. Je les console en prenant quelques photos d'eux au milieu des fleurs.

Nous voilà repartis, direction la splendide chute d'eau. En fait c'est un arrêt en béton, avec un différentiel de dix mètres où coule platement un ruisseau. Sans beauté. Ce qui me frappe, c'est l'absence de barrières : des enfants jouant sur les côtés peuvent facilement faire une chute, comme d'un immeuble de quatre étages, et s'écraser sur le ciment en contrebas. Ce n'est pas la première fois que je vois ces à-pics que ne protège aucun garde-fou. J'y penserai encore en visitant Bromo, le volcan local. Peut-être à l'Ouest avons-nous tort de tout jauger en termes de danger potentiel et d'imaginer partout des drames. Peut-être ici n'a-t-on pas les moyens financiers d'assurer le minimum de sécurité. Je ne sais pas.
Même si la chute d'eau n'est pas belle, elle est charmante du fait de la présence de nombreux enfants, de jeunes filles qui se prennent en photos, d'adolescents qui font des effets de torse dans l'eau en s'arrosant.

Plus loin, la route devient pentue et les motos peinent. La température dégringole. Le trajet dans la montagne est magnifique, mais éprouvant du fait du froid. Enfin nous arrivons. Il se met à tomber des cordes. Le ciel était gris, menaçant depuis quelques kilomètres, laissant sourdre une lumière lourde et puissante. Nous sommes trempés en quelques minutes. Juste le temps d'envelopper l'appareil photo dans du plastique.

Dans le parc, parking désert. Nous trouvons un warung, nous nous attablons, et on nous sert des nourritures qui ne sont pas inoubliables. Tandis que je grelotte, je me demande ce que sera le trajet du retour. La pluie pendant une heure et demie, le froid de la mort qui tue, la route glissante. Mais Yuni dit qu'on va pouvoir acheter des imperméables ici. Est-ce possible ? Tout sauf cette pluie qui transperce. Elle va vers le magasin de souvenirs, et revient avec des espèces de sacs en plastique thermos-soudés en forme d'humanoïde. Sauvés !

Un peu plus loin, les deux piscines d'eau chaude. Surprise, alors que le parking semblait vide, il y a une quarantaine de personnes aux abords des bassins - ou dedans, barbotant dans soixante centimètres d'eau. Je plonge dans cette eau grise qui fume. Plaisir intense. Tandis qu'un nouveau nuage crève et jette des flèches glacées dans l'eau brûlante - agréable contraste.

Un étranger vient me parler. Il me dit qu'il est afghan, de Kaboul. L'Indonésie en majorité musulmane draine naturellement les exodes des ressortissants des pays arabes. Nous échangeons quelques mots en farsi[1], ce qui, vu le contexte, est assez farce. Il m'explique qu'il est étudiant en tourisme à Bali, et que c'est un endroit magnifique. Nous échangeons nos numéros de téléphone en nous séparant, mais je n'ai guère l'intention d'aller dans cet endroit de perdition touristique.

Au retour, les sacs font office de coupe-vent très efficaces et je n'ai pas froid. La pluie s'est arrêtée - elle semble avoir un rythme, deux heures en fin d'après-midi. Je retrouve l'hôtel pour une bonne douche chaude. Avant de nous quitter, nous projetons d'aller au bord de la mer le lendemain à l'aube. Trois heures de trajet en perspective. Réveil à l'aube.



[1] en persan